Karima, tous les jours c’est la joie
Sa chanson phare, c’est assa nezha. Aujourd’hui c’est la joie. Mais en fait avec
Karima, c’est tous les jours la joie de l’écouter.
Que d’artistes tombés dans les méandres de l’oubli alors que tout le mérite
leur revient d’avoir défriché le terrain. La grande chanteuse kabyle Karima est
née en 1959, elle est interprète et actrice. De son vrai nom Karima Benghanem
est née à Alger. Personne n’aurait prédit à l’enfant d’El Akiba (Belcourt) un
avenir dans la chanson, kabyle surtout. Son père originaire des Ath Ourthilane
l’avait élevée à Alger..
En 1973, elle avait à peine quatorze ans. C’est lors d’un passage à la télé dans
une émission pour amateurs qu’elle fût remarquée. Son duo entrainant, à la
guimauve avec un jeune, Samir, révélait sa voix. Grâce à Kamal Hamadi, elle
enregistre chez «Noudjoum El Fen » son premier disque Katchini Diggeni (Toi,
le ciel…) pour 4000 dinars. Dès lors, elle fréquente la radio pour des chorales
par ci par là, notamment avec Aït Meslayene. Au milieu des années 70, avec Aït
Menguellet, Idir, Les Abranis, cette midinette chantant l’amour n’était pas un
grand nom. 1979, elle fut prise en charge par Méziane Rachid, Mahboub Bati et
Belhanafi qui lui composèrent et écrivirent. Karima elle-même avoue que ce fût
un échec, même si après des déboires, elle renoue au milieu des années 80
avec Méziane Rachid et les frères Kezim qui lui composeront. De cette période,
un superbe duo de Méziane Rachid qu’elle interprète. Mais déjà tant en Algérie
que dans les milieux de l’émigration, son nom commençait à être connu par les
galas où elle participait avec Aït Menguellet, Nora, Salah Sadaoui et Yahiaten.
Un autre tremplin pour elle : Les semaines culturelles algériennes à l’étranger.
Avec Djamel Chir surtout, c’était une représentante attitrée de la chanson
kabyle. Après un passage à vide, elle revient en force, surtout depuis 1987…
Elle ne travaille désormais qu’avec Kamal Hamadi qui lui a composé une
soixantaine de chansons dont la fameuse Assa Nazha connue aussi bien dans la
Souika de Constantine que dans les faubourgs de Béchar. Si beaucoup ne
retiennent que le rythme, Karima est aussi attachante par la qualité des textes
confectionnés par Kamal Hamadi. Elle ne fait pas trop dans les reprises faciles
du folklore et dans la chanson à slogans qui a causé tant de tort à la chanson
kabyle.Avec un kabyle de tous les jours,sans prétention, elle chante surtout les
sentiments qu’éprouve une femme algérienne.Ses petites joies avec son bébé
qui grandit, ses amours refoulés, ses rêves. Les misères du vécu des petites
gens, le monde des femmes avec ses attraits, ses pièges. On ne doit pas
seulement retenir de Karima, une «star» qui fait trémousser les jeunes.
D’ailleurs, elle avoue ne pas trop aimer les chansons rythmées. Assa Nazha est
juste un cadeau pour son public…
Elle est beaucoup plus à l’aise avec des textes plus pathétiques comme Yavda
ammi ytsimghour (mon fils comence à grandir). Au cinéma, elle entama sa
carrière en décrochant le rôle d’une princesse dans le film Algéro-Ouzbek:
Sogdiane (1992). Cela dit, qui n’a pas été bercé par les sublimes chansons de
Karima. Ces mélodies devenues désormais source d’inspiration pour de
nombreux artistes. Longue vie à cette valeureuse artiste…
On ajoutera que le grand Cherif Kheddam lui a composé quelques chansons
qu’elle a admirablement interprétés.
Le journal des artistes
A HAMMOUCHE
