Musique

Mahboub Bati, l’autodidacte génial

Décédé le 21 février 2000 à l’âge de 80 ans, Mahboub Safar Bati, grand
compositeur, rarement interprète et auteur d’une centaine de textes devenus
cultes dans le répertoire de cette musique citadine. , collaborant ainsi avec les
plus grands musiciens algériens de la fin du XXe siècle…
Il a écrit et composé des merveilles historiques pour des maîtres du chaâbi à
l’exemple de «Allo allo» pour El Hachemi Guerouabi, «Rah el ghali rah» pour
Boudjemaâ El Ankis, «Sali trach kalbi yatik khbaro» pour Amar Ezzahi ou encore
«Ma tahleflich» pour la grande Seloua. Artiste au génie créatif et singulier issu
d’une famille modeste, Safar Bati Mohamed EL Mahboub de son vrai nom,
disparu le 21 février 2000 à l’âge de 80 ans, a manifesté très tôt déjà alors qu’il
était encore enfant, des penchants prononcés à la musique et à la poésie, après
avoir reçu, durant quelques mois, les premiers enseignements de la vie dans
une école coranique et travaillé comme apprenti-coiffeur, pour subvenir aux
besoins de sa famille. Quelque temps après, Mahboub Bati, se frottant aux
maîtres du chaâbi, à l’instar d’El Hadj M’rizek, El Hadj M’Hamed El Anka, Khelifa
Belkacem et les frères Fekhardji, Mohamed et Abderrahmane, apprendra à lire
une partition musicale et à jouer à la cornemuse, pour intégrer, en 1937, la
troupe théâtrale de Mahieddine Bachtarzi, fraîchement constituée.
Autodidacte, doté d’une incroyable capacité d’apprentissage, Mahboub Safar
Bati apprendra à jouer à la mandole, aux percussions, au violon, banjo, cithare
et flûte, pour intégrer, durant les années 1940, l’Orchestre moderne de la
station d’Alger comme clarinettiste et multiplier les rencontres, les cérémonies
et les concerts, jusqu’ aux années 1970…
Imperturbable et convaincu de son projet de moderniser la chanson chaâbie,
Mahboub Bati écrit et compose une centaine de chansons, mettant le devant
de la scène une nouvelle génération de chanteurs chaâbi et réussissant à
«algérianiser» ce genre populaire. Mahboub Bati quittera la scène artistique en
1986 après avoir remis le chaâbi au goût du jour avec des chansons qui
continuent à ce jour d’être fredonnées…Paix à son âme.
A.HAMMOUCHE, in le journal des artistes
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