Nouri Koufi, un des maîtres hawzi
Nouri Koufi et les sonorités hawzi
Nouri Koufi est l’un des maîtres du hawzi. Il est considéré comme l’un
des plus illustres maîtres contemporains de la musique arabo-
andalouse en Algérie.
Nouri Koufi s’impose comme la figure de proue des genres hawzi et
aroubi. Né le 31 décembre 1954 au cœur de la cité millénaire de
Tlemcen, ce virtuose a consacré sa vie entière à préserver,
moderniser et transmettre le riche patrimoine musical de l’école
classique algérienne. Nouri Koufi s’est imprégné des sonorités
andalouses dès sa tendre enfance et fait ses tout premiers pas
artistiques à l’âge de 8 ans seulement.
Maîtrise absolue des différents instruments traditionnels
Il intègre alors les plus prestigieuses associations musicales
tlemcéniennes, se formant au contact direct des légendaires
maâlems (maîtres) du genre, à l’image des cheikhs Hasseïn, Aboura
et Bouali. Cette immersion précoce lui confère rapidement une
maîtrise absolue des différents instruments traditionnels, et tout
particulièrement du oud (luth), dont il devient au fil des ans un
joueur hors pair et reconnu.
Doté d’un timbre vocal unique, chaleureux et d’une rare sensibilité,
Nouri Koufi excelle dans l’interprétation du hawzi, ce répertoire
intermédiaire et fluide entre la rigueur classique de la nouba et la
poésie populaire. Sa carrière nationale décolle de manière fulgurante
au tout début des années 1980. En 1981, la sortie de son chef-
d’œuvre absolu, la chanson mystique «Sidi Boumediène», le fait
instantanément basculer dans la postérité artistique.
Parmi ses nombreux succès discographiques plébiscités par le public,
on retrouve des perles du patrimoine telles que «Zarnihabibi el
barrah», «Fi el maname», ou encore «Laâpbiya el hawa». Devenu
professeur de musique à Tlemcen, il enseigne avec passion l’art des
qacidates (poèmes anciens) aux jeunes générations d’élèves. Tout au
long de son parcours, il crée des orchestres scolaires locaux, dirige
des ensembles polyphoniques de renom et préside des associations
musicales majeures. En véritable passeur de mémoire, Nouri Koufi
continue de subjuguer les mélomanes à chaque apparition,
notamment lors du Festival national de la musique hawzi de Tlemcen,
liant avec élégance la nostalgie du passé à la ferveur créative du
présent.
C. S.
