La chronique d’Ahmed Cheniki

DEUX OU TROIS MOTS A PROPOS D’ABDELHAMID BENHADOUGA

J’ai toujours apprécié Abdelhamid Benhadouga, un homme et un écrivain singulier. Peut-être l’un des meilleurs de l’Algérie contemporaine. C’est mon point de vue. Quand on parle de littérature en Algérie, on cite spontanément Le fils du pauvre, Nedjma, L’incendie et Le vent du Sud. Ce qui a fait davantage connaître Benhadouga et son roman-culte, c’est sa transposition cinématographique et ses différentes adaptations au théâtre. Comme les grands écrivains, on a l’impression qu’il était l’auteur d’un seul livre alors qu’il en avait publié d’autres.

Parler de Benhadouga, c’est évoquer un grand monsieur et un excellent traducteur, Marcel Bois qui  a permis aux lecteurs francophones de se familiariser avec ce romancier au style réaliste, phrases courtes, incises et une narration exquise. J’ai toujours apprécié cet écrivain que je rencontrais notamment alors qu’il était président du conseil national de la culture avec des amis comme Alloula, Khadda et Mimouni. C’était extrêmement sérieux. J’intervenais surtout à propos des questions en rapport avec l’activité théâtrale. Il était silencieux, calme, souriant. Il était peu volubile. Une volonté de changer les choses, le CNC s’était substitué au ministère de la culture. D’autres fois, à Révolution Africaine, il venait nous rendre visite de temps à autre, en compagnie de son ami de toujours, Marcel Bois. Puis, chez Kaddache, alors chef de département à l’université d’Alger, il y avait l’autre grand écrivain, Mouloud Mammeri qui aimait beaucoup Benhadouga.

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