Histoire

Le Trésor d’Alger mythe ou réalité ?

Aujourd’hui encore des auteurs mettent en doute l’existence du Trésor de la
Casbah et son pillage par les hommes de De Bourmont après la prise d’Alger en
juillet 1830, larcin qui fit la fortune de quelques hommes politiques, du Roi lui-
même et des officiers de l’Armée. Pierre Pean a publié une enquête exhaustive
sur cette affaire qui n’a pas cessé de défrayer la chronique en France durant au
moins une cinquantaine d’années. Certes, comme sur d’autres sujets, nous
n’avons pas produit notre propre plaidoyer et il n’existe pas de bibliographie
sérieuse sur le sujet. Cependant cela ne doit pas nous amener à tout remettre
en cause en prétextant de ce manque. Je donne ci-après quelques sources,
l’une des plus sérieuses est celle de Marcel Emerit, mais il y en a d’autres, Sous
le titre Main basse sur Alger, Pierre Pean, offre la synthèse la mieux
documentée sur la question, on apprend ainsi comment politique et pillage
font excellent ménage.
Pierre Péan établit la somme totale du pillage à quelques 500 millions de francs
l’équivalent en (2005) à 4 milliards d’euros.
Quelques sources :
F. Ladimir et E Moreau, Campagnes, triomphes, revers, désastres et guerres
civiles des français. De 1792 à la paix de 1856, Paris 1856.
« Dans la ville et les forts on trouva 1200 canons de bronze, dont plusieurs
richement travaillés, un énorme approvisionnement de poudre et de
projectiles, d’immenses magasins de blé, de riz, d’étain, de plomb, de toiles, de
laines et de toutes sortes de précieuses denrées. Tout cela fut compris dans le
butin. »
Marcel Emerit, « Une cause de l’expédition d’Alger le trésor de la casbah »
La commission indique aussitôt que le trésor contient au moins «80 millions en
espèces d’or et d’argent. » « Nous aurons en outre, indique Bourmont, à la
disposition du roi les valeurs des denrées et des marchandises de toute sortes
qui appartiennent à la Régence et qu’on peut évaluer à environ 20 millions. »
Sheller, consul des États-Unis disait que le Trésor contenait 30 millions de
piastres fortes, soit 160 millions de francs. Deval, dans un mémoire en 1828, a
confirmé ce chiffre.
Rapport de la commission de 1834, une évaluation du trésor d’Alger, l’établit
ainsi :

On trouva dans le trésor la valeur effective suivante : 48.684.527fr, cette
somme était répartie de la manière suivante « La première salle, coupée vers le
milieu par une cloison de trois pieds, contenait des boudjoux, monnaie d’Alger
qui vaut 3 fr. 7 2 c. Une seconde porte fut ouverte, puis une troisième donnant
dans une salle transversale, éclairée par une fenêtre à barreaux en fer, ouvrant
« sur la galerie du Divan. Cette salle renfermait  » trois coffres formant
banquettes. Ces coffres contenaient des boudjoux, de la monnaie de billon et
des lingots d’argent. Trois portes également séparées, s’ouvrant au  » moyen
d’une même clé , fermaient trois pièces obscures, coupées, comme la première
salle, par des compartiments en bois. Celle du milieu renfermait des monnaies
d’or jetées pêle-mêle, depuis le rohoa-soltani ( 3 fr. 80 c.) jusqu’à la double
quadruple du Mexique ( 168 fr.). Il y avait 24 millions eu or. Les deux autres
caveaux latéraux renfermaient, ‘on des mokos ou piastres de Portugal, le
second des piastres fortes. Il y avait en argent 24 millions.

Hosni Kitouni

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *