Malika Gaid, infirmière au maquis
Malika Gaïd (1933-1957) demeure l’une des figures les plus pures et
les plus courageuses de la Révolution algérienne. Infirmière de
profession passée au combat les armes à la main, elle incarne le
sacrifice suprême de la jeunesse algérienne pour l’indépendance de
son pays.
Née le 24 août 1933 à Belcourt (Belouizdad), Alger. Malika Gaïd
grandit au sein d’une famille lettrée et patriote originaire de
Timenguache, un village de Ath Yala, près de Guenzet, dans la wilaya
de Sétif. Après des études primaires, en 1939, elle s’installa à Bordj
Bou Arréridj en 1942 où elle a obtenu son certificat d’études
primaires en 1947. Admise à l’école paramédicale de Sétif, en 1948,
elle en sort en 1951 avec un diplôme d’infirmière et travailla à
l’hôpital de Kherrata durant quelques mois. Elle fut mutée à Lafayette
(Bougaâ), ensuite à Guenzet où elle fut maintenue jusqu’en été 1956.
elle utilise rapidement sa position pour soutenir la cause nationale.
Bravant les risques, elle subtilise des médicaments et des fournitures
médicales à l’administration coloniale pour les faire parvenir
secrètement aux maquisards de l’Armée de libération nationale
(ALN).
Sa détermination attire l’attention du commandement de la Wilaya
III. A la demande du colonel Amirouche Aït-Hamoudan elle quitta la
région de Ath Yala pour la vallée de la Soummam, et là, elle fut
intégrée au service médical de l’ALN.
Elle monte au maquis les armes à la main, devenant à la fois l’ange
gardien des blessés et une soldate intrépide.
Au front, Malika Gaïd gagne le respect absolu de ses frères d’armes
et de ses supérieurs par son altruisme, sa rigueur politique et sa
bravoure. En août 1956, elle participe à un moment fondateur de la
Révolution, le Congrès de la Soummam. Elle y assiste en tant
qu’infirmière chargée de veiller sur les délégués, un privilège unique
puisqu’elle fut l’une des très rares femmes associées d’aussi près à
cet événement historique majeur qui allait structurer la lutte.
Le destin de Malika se scelle le 28 juin 1957, à Maillot (M’Chedallah)
sur le versant sud du Djurdjura. Alors qu’elle se trouve dans une unité
d’infirmerie de fortune installée dans une grotte pour soigner des
moudjahides blessés, le site est encerclé lors d’une vaste opération
menée par les parachutistes français.
Fidèle à son serment, Malika Gaïd refuse d’abandonner ses patients,
elle livre une résistance farouche et épuise ses munitions jusqu’à la
dernière cartouche. Malika tombe au champ d’honneur, les armes à
la main, âgée d’à peine 24 ans.
Après sa mort, le colonel Amirouche écrira une lettre poignante à sa
famille pour témoigner de sa bravoure exceptionnelle, rappelant
qu’elle n’avait pas seulement soigné les corps, mais qu’elle avait
élevé le moral de toute la rébellion en devenant une authentique
force de combat.
Maêl Assal
