Cinéma

Hacène Benzerari: un jeu intense

Hacène Benzerari, un acteur qui a marqué des générations, incarne plus de 50
ans de cinéma algérien.
Figure incontournable et mémoire vivante du cinéma, du théâtre et de la
télévision en Algérie, Hacène Benzerari est né en 1946 à Constantine, la célèbre
ville des Ponts suspendus. Cet acteur hors pair incarne plus de 50 ans de
trajectoire artistique nationale avec un charisme et un talent polymorphe.

Une vocation née à Constantine
Rien ne prédestinait pourtant ce natif de l’Est algérien aux feux des projecteurs.
Éduqué dans la rigueur des mots, il commence sa vie professionnelle comme
enseignant de français, transmettant la passion de la langue avant de bifurquer
vers l’audiovisuel. Il intègre la station régionale de la télévision algérienne à
Constantine en tant que responsable de production. C’est au cœur de cette
effervescence médiatique que sa vocation d’acteur s’impose.

Sa carrière cinématographique décolle dès le début des années 1970, une
époque charnière pour le 7e art algérien. En 1971, il crève l’écran dans le chef-
d’œuvre d’Amar Laskri «Patrouille à l’Est», un film culte sur la guerre de
Libération nationale. Son jeu intense et sa présence magnétique lui ouvrent les
portes des plus grandes productions nationales. Il fait ainsi partie du casting du
prestigieux «Chronique des années de braise» (1975) de Mohammed Lakhdar-
Hamina, unique film africain et arabe à avoir décroché la Palme d’or à Cannes.

Une carrière qui traverse les générations
Acteur complet, Benzerari excelle aussi bien dans le drame historique que dans
la comédie populaire. Au début des années 2000, il gagne l’affection
intergénérationnelle du grand public grâce à ses rôles mémorables dans la série
humoristique à succès «Nass Mlah City». Sa collaboration fidèle avec le
réalisateur Merzak Allouache, notamment dans «Bab El Web» (2005) ou plus
récemment dans «Première ligne» (2026), confirme sa capacité à traverser les
époques sans perdre de sa superbe. Son professionnalisme séduit au-delà des
frontières, lui permettant d’intégrer le casting de la célèbre série française «Le
Bureau des légendes» en 2015.

«J’accepte un rôle uniquement en fonction de ce que je ressens, car le cinéma
n’est pas un métier d’affichage, c’est une affaire d’émotion pure et de
mémoire.»

Cet homme de scène continue de choisir ses projets à l’instinct et à l’émotion,
restant un modèle d’humilité et de transmission pour les nouvelles générations
de cinéastes algériens.

C.S., in Horizon

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