Une Grande salle de spectacles pour Alger
À l’occasion des célébrations du 64e anniversaire de la Fête de
l’indépendance et du Recouvrement de la souveraineté nationale, le
président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé,
avant-hier, dimanche 5 juillet, à Ouled Fayet, à l’ouest d’Alger, à la
pose de la première pierre d’un projet appelé à transformer le
paysage des infrastructures culturelles du pays : une Grande Salle des
spectacles de 10 000 places, pensée pour accueillir les plus
importantes productions artistiques nationales et internationales.
Implanté sur une superficie de 60 000 mètres carrés, le futur
complexe, qui sera réalisé dans un délai de 24 mois, dotera l’Algérie
d’un équipement culturel répondant aux standards internationaux.
La réalisation de cet équipement est supervisée par l’Agence
nationale de réalisation des investissements en équipement (Anrie),
relevant du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de
l’Aménagement du territoire. Le complexe comprendra plusieurs
salles de spectacles, des espaces dédiés aux conférences, des
structures administratives, une bibliothèque, une vidéothèque, une
salle de presse, des locaux techniques, des espaces réservés aux
artistes, ainsi qu’un vaste parking d’une capacité de 1000 véhicules.
Dans un communiqué, le ministère de la Culture et des Arts présente
la Grande Salle des spectacles d’Alger comme un «édifice culturel
pionnier de niveau mondial et aux normes internationales
compétitives, traduisant les orientations de Monsieur le président de
la République». Le département ministériel souligne que cette
infrastructure «vise à hisser les installations culturelles nationales
vers les premiers rangs, dépassant la capacité d’accueil des structures
actuelles, pour devenir un pôle équipé des dernières technologies
d’ingénierie afin d’accueillir les plus grands événements, spectacles
et productions artistiques mondiales, dans une étape fondatrice qui
englobera à l’avenir la réalisation d’installations similaires à travers
les différentes capitales régionales du pays».
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, est également
revenue sur ce projet, dans une publication diffusée hier sur sa page
officielle Facebook. Elle a mis en avant «l’attention particulière et le
précieux accompagnement» du chef de l’État, qui se traduisent
notamment «à travers son engagement à lancer un projet pionnier
dans le domaine des spectacles artistiques professionnels et
d’envergure». Selon elle, cette Grande Salle des spectacles constitue
«une infrastructure moderne, digne de l’Algérie et à la hauteur des
aspirations des futures générations. C’est un édifice artistique
d’exception, conçu selon des normes internationales compétitives
afin de propulser les infrastructures culturelles nationales au premier
plan, notamment grâce à ses technologies de pointe et à sa capacité
d’accueil impressionnante». La ministre a également souligné que ce
pôle culturel, «le plus grand d’Afrique», sera un «incubateur
privilégié des plus grands spectacles et productions artistiques
mondiaux au cœur de la capitale. Il s’agit d’une première étape vers
la généralisation de ces infrastructures rentables, permettant ainsi
d’intégrer la culture et les arts dans les plans économiques de
l’Algérie».
Une infrastructure au service de l’économie créative
Par ailleurs, ce projet marque une évolution importante dans la
manière d’envisager les politiques culturelles. L’ambition affichée
dépasse la simple construction d’une salle de spectacles pour inscrire
l’Algérie dans une dynamique où la culture devient un levier de
développement économique, d’attractivité territoriale et de
rayonnement international. À l’heure où les industries culturelles et
créatives représentent un secteur stratégique dans de nombreuses
économies, l’émergence d’infrastructures capables d’accueillir des
productions de très grande envergure constitue un facteur
déterminant pour structurer les filières du spectacle vivant, de
l’événementiel, de la production audiovisuelle, de la scénographie et
des métiers techniques associés. La future Grande Salle des
spectacles pourrait ainsi devenir un outil de valorisation de la
création nationale, en offrant aux artistes algériens des conditions de
production conformes aux standards internationaux, tout en
favorisant les échanges avec les grandes scènes mondiales. Elle serait
également susceptible de renforcer l’attractivité d’Alger comme
destination culturelle, en ouvrant la voie à l’accueil de tournées
internationales, de festivals, et de manifestations artistiques de
premier plan.
Enfin, la portée symbolique du projet est également forte. Lancée à
l’occasion de la célébration de l’indépendance nationale, cette
réalisation traduit la volonté d’inscrire la souveraineté culturelle
parmi les priorités du développement du pays. Elle participe d’une
vision qui fait de la culture non seulement un vecteur de préservation
du patrimoine et de l’identité nationale, mais aussi un moteur
d’innovation, de création de valeur et d’influence. Dans un contexte
de concurrence accrue entre les grandes métropoles culturelles,
disposer d’une infrastructure de cette envergure constitue un atout
déterminant et majeur pour renforcer la présence de l’Algérie sur la
scène artistique internationale, et accompagner l’essor de ses
industries culturelles et créatives, appelées à jouer un rôle croissant
dans la diversification de l’économie nationale et dans le
rayonnement culturel du pays.
Par Sara Kharfi, in Algérie Aujourd’hui
