La chronique d’Ahmed Cheniki

La chronique de Ahmed Cheniki

Un clin d’œil à Ahcène Boubrioua
Un excellent comédien
Hacène, un comédien extraordinaire, un grand passionné du théâtre, je l’ai
connu, il y a très longtemps, il était au GAC (Groupe d’action culturelle), alors
dirigé par notre grand ami Abdellah Hamlaoui, d’une activité débordante, un
des maîtres du théâtre d’amateurs en Algérie. Il y avait, à l’époque des
centaines de troupes, de grands animateurs, Ramdane Hamlaoui, Guenaneche,
Atmani, Bensabeur et de nombreux autres. Ahcène Boubrioua faisait des
débuts tonitruants. En 1979, comme d’autres, Dekkar, Dehimi notamment, il
intègre le théâtre régional de Constantine (TRC). J’aime le regarder évoluer sur
scène, interprétant des rôles différents, en changeant chaque fois de registre,
jeux du corps et de la diction ou de la voix. Fin 1970- début 1980, on parlait
beaucoup de « création » collective » à Oran et à Constantine, pas au TNA et
les autres théâtres régionaux, il avait ainsi participé à la réalisation de Rih
Essamsar (1980) ; Nass El Houma (Les gens du quartier, 1981) ; Errafd (1982) ;
Lahal Idoum (1983).
Boubrioua, fort apprécié pour la qualité de ses prestations et de son jeu,
interprétait souvent le premier rôle. Il a mis en scène plusieurs pièces,
notamment Hourouf El Ila (1987, avec A.Mohcène) et La dernière chanson (une
adaptation du Chant du cygne de Tchékhov, 1993). Il avait trouvé le moyen lors
de la générale de m’égratigner amicalement parce qu’il estimait peut-être que
je n’avais pas été juste dans une de mes critiques. J’avais ri, puis par la suite, il
avait ri, lui aussi. Il nous arrivait souvent de discuter de théâtre et de culture,
rires et colères accompagnant nos rencontres, surtout en compagnie de Djamel
Dekkar. Hacène est un grand monsieur, un excellent comédien.

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