Jaoudet Gassouma: l’artiste polyvalent
Jaoudet Gassouma
Né en 1966 à Bourgoin-Jallieu, en France, Jaoudet Gassouma a une vie
artistique des plus riches et polyvalentes, entre peinture, écriture et cinéma.
En 1993, il décroche un DESA en option peinture de l’École supérieure des
beaux-arts d’Alger où il a fait ses études et fréquenté l’atelier de Denis
Martinez. Il n’en restera pas là puisqu’il obtient un Magister en Art et
Communication en 2005.
Une école à laquelle il reste attaché devenant enseignant de dessin au sein de
l’ESBA, transmettant à son tour son savoir à une nouvelle génération de
plasticiens. Bien que son talent de plasticien ait été vite reconnu, Jaoudet
Gassouma ne se cloisonne pas dans une seule discipline. Écrivain, journaliste,
plasticien et réalisateur, il a produit plusieurs ouvrages, collaboré à de
nombreuses revues spécialisées et participé à la décoration de plusieurs films.
Côté littérature, il signe notamment les romans «Zorna» et «Cubaniya», ainsi
qu’un essai sur l’art contemporain algérien intitulé «Les Arts Contemporains
Algériens, une Réalité ou simple exercice de style ? 1989-1999». Il a également
écrit la biographie de la judokate Salima Souakri, «Ceinture noire, cœur blanc».
Sa peinture, exposée en Algérie mais aussi en Croatie, en Espagne, aux États-
Unis, en Italie ou en Tunisie, explore des thématiques profondes.
Dans sa série D’qiqa 19 (la 19ᵉ minute), présentée à la galerie Ezzou’Art en
2021, il déploie une énergie vibrante en couleurs autour du thème de
l’enfermement, mêlant des éléments sous-jacents et des symboles ouverts
comme la beauté, incarnée dans son tableau de «Madama». Il fait partie des
artistes qui laissent le sujet dans un doute permanent, ne répondant jamais aux
questions mais en posant davantage. Une posture qu’il assume aussi en tant
que critique d’art engagé. Touche-à-tout exigeant, Jaoudet Gassouma incarne
une génération d’artistes algériens qui a réinventé, avec autonomie et lucidité,
le langage de l’art contemporain.
K. A. S.
