Patrimoine

L’orfèvrerie au fil, un riche héritage Constantine

Les bijoux inspirés par le fil (un art ancien de broderie à la main) constituent
l’un des aspects les plus marquants de l’héritage de Constantine, car ils ne
suivent pas les tendances modernes mais représentent le prolongement d’un
artisanat ancien et profondément enraciné.

La fetla est un symbole de raffinement dans la mode constantinienne,
étroitement liée à la gandoura et au caftan. Son influence ne se limite toutefois
pas à la mode, mais s’étend également à la joaillerie, où elle se manifeste dans
le travail de l’or selon un style distinctif.

Dans les ateliers de la vieille ville de Constantine, considérés comme un
dépositaire de la mémoire de cet artisanat, les orfèvres continuent de
transmettre et de renouveler cet héritage en transformant des décorations de
fils telles que des arabesques, des entrelacs et des motifs végétaux en pièces
d’or d’une facture exquise.

Ces créations comprennent des colliers, des bracelets, des ceintures et des
ensembles complets qui puisent leur inspiration dans l’esthétique du fil pour
produire des œuvres qui allient authenticité et modernité dans une élégante
harmonie.

L’orfèvre de Constantine, Farid Ghazghouz, souligne le caractère unique de cet
artisanat local : « À Constantine, les bijoux en or sont entièrement faits à la
main. Par exemple, la ceinture se distingue par sa technique d’entrelacement,
et son fermoir est fabriqué sans moule, contrairement à ce qui se fait dans
d’autres régions. »

Le même artisan a ajouté que les étapes de fabrication reflètent une grande
précision, car le processus commence par la fonte de l’or puis son passage dans
la machine à laminer « Laminoire » pour l’étirer et le transformer en fils très
fins, notant que chaque étape nécessite un grand soin, en particulier le

processus de pesage du métal précieux, qui doit être précis à toutes les étapes
de la réalisation.

Il a également souligné l’utilisation de matériaux traditionnels tels que la cire
d’abeille, souvent employée pour faciliter certaines opérations délicates et
stabiliser les métaux pendant le travail.

Dans le même esprit, d’autres pièces comme l’autel (un collier inspiré par le fil)
ou les boucles d’oreilles assorties témoignent de la capacité des artisans à
combiner des influences diverses, comme l’a expliqué le même artisan : «
Parfois, les motifs sont inspirés des styles occidentaux, mais réalisés à l’aide de
la technologie du fil, ce qui leur confère un caractère purement constantinien.
»

Les ateliers d’orfèvrerie de Constantine demeurent des espaces importants
pour la transmission des connaissances et l’innovation, car ils assurent la
continuité des métiers traditionnels et leur adaptation aux goûts
contemporains, répondant ainsi aux aspirations d’une nouvelle génération
soucieuse de préserver son identité culturelle.

Au-delà de leur valeur esthétique, ces ornements contribuent à préserver un
précieux héritage qui fait partie intégrante de la mémoire et de l’identité de
Constantin.

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