Art Plastiques

Semhane Khelil, la grâce et poésie

Dans l’art de peindre se lit une poésie protéiforme, car les couleurs expriment à
la fois le vif sémillant de nos sentiments et les langoureuses finitudes de nos
sensations, comme l’est d’ailleurs la poésie dans son expression de l’état d’âme
des hommes, car comme dans la poésie, la peinture exprime le concret par le
figuratif et l’imaginaire par l’abstrait.

Et à juste titre, l’artiste-peintre Semhane Khelil a choisi l’abstrait pour exceller
dans sa passion artistique et nous offrir des œuvres qui insufflent une âme vive
à des figures imaginaires. Semhane Khelil est une artiste-peintre née à Alger en
1978, dans une ville inspiratrice de grands peintres orientalistes et d’artistes
algériens modernes : Delacroix, Marquet et Fromentin y avaient peint leurs
œuvres les plus célèbres et fait de la capture de la Casbah d’Alger et de sa rade
ensoleillée une matière première intarissable, eux qui étaient subjugués par la
beauté d’Alger, carrefour artistique où se croisaient l’Orient et l’Occident sur
les limons déjà féconds du pays amazigh.

D’autres artistes algériens n’étaient pas restés insensibles à l’aura lumineuse de
la capitale des Zirides et y avaient peint aussi les tableaux les plus ascendants
de leur œuvre, à l’image de Baya, Racim et Yelles, en apportant leur touche de
modernité. Et c’est dans le sillage de l’art de la peinture algérienne moderne
qu’incarnaient Mohammed Khedda, Abdellah Benanteur, Aksouh, Leïla Farhat,
que s’inscrit l’œuvre artistique de Semhane Khelil, c’est-à-dire sur la voie de cet
art qui mêle abstraction, calligraphies et symboles. En somme, ce que l’on
appelle dans le monde de la peinture l’« École du signe ».

La peinture abstraite comme raison de prédilection
Semhane Khelil, dont la filiation étymologique du prénom renvoie à la beauté
et à la grâce dans la langue arabe, est intrinsèquement liée à l’art abstrait, car
la grâce de ce genre de peinture est née de sa libération du figuratif, tout en ne
renonçant pas à la beauté du symbole, mais en le rendant plus intérieur et plus
proche de l’émotion que du regard. En outre, avant qu’elle n’amarre spatule au
quai de la peinture abstraite, Semhane Khelil avait débuté, il y a quelques
années, avec la technique du pastel avant de passer à l’acrylique et à l’huile.

Elle revient à la technique du pastel avec ses œuvres abstraites, fortement
colorées et où prédominent les rouges et les bleus.
Par Rezki Hatem, In El Watan

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