Un écrivain prolifique et infatigable
Amin Zaoui n’est pas seulement un écrivain. C’est l’une des figures les plus importantes et les plus actives de la vie culturelle et particulièrement littéraire en Algérie. Il est un acteur dynamique de la culture aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. Amin Zaoui est le pionnier des animateurs d’émissions littéraires en Algérie. Nous sommes en 1987 quand les téléspectateurs algériens découvrent, non sans plaisir, une émission littéraire de haute facture animée par un jeune intellectuel très cultivé et ayant l’art et la manière quand il interviewe ses invités. Il s’agit de la mythique émission Aqwass (Parenthèses) qu’Amin Zaoui avait lancée. Cette émission marqua plusieurs générations puisqu’Amin Zaoui l’assura de 1987 à 1995. Quand il apparait pour la première fois à l’écran avec l’émission Parenthèse, Amin Zaoui n’a que 31 ans. Il a 32 ans lorsqu’il obtient un doctorat d’État en littératures maghrébines comparées. Amin Zaoui enseigne, de 1984 à 1995, au département des langues étrangères de l’université d’Oran. Son dynamisme sur la scène littéraire est unique. En 1991, il est nommé directeur général du Palais des arts et de la culture d’Oran. À partir de 2002, la Bibliothèque nationale d’Algérie connaît une «révolution culturelle» grâce à la désignation de Amin Zaoui comme directeur. Grâce à lui, il y a eu le lancement du prix littéraire «Apulée», l’un des tout premiers en Algérie. En 2008, il devient membre du conseil de direction du Fonds arabe pour la culture et les arts (Afac). Amin Zaoui est l’un des rares écrivains algériens à écrire aussi bien en arabe qu’en français. Son premier roman en langue française parut en 1997. Il s’agit de Sommeil du mimosa suivi de Sonate des loups».
Ecrivain prolifique, Amin Zaoui publie régulièrement romans et essais. Il est l’auteur de La soumission, La razzia, Haras de femmes, Les gens du parfum, Festin de mensonges, La chambre de la vierge impure, Le miel et la sieste, L’enfant de l’œuf, Faim blanche… En plus de ces romans, il a publié de nombreux essais comme : L’empire de la peur, La culture du sang», Histoire de lecture… En langue arabe, c’est en 1985 qu’il publia son premier roman : Le hennissement du corps. Entre 1985 et 2018, il a édité 12 livres dont une dizaine de romans parmi lesquels : Le frisson, L’odeur de la femelle, Le huitième ciel, La voie de Satan, Al-malika… Au chapitre des traductions, Amin Zaoui a traduit le roman Habel de Mohammed Dib et À quoi rêvent les loups de Yasmina Khadra. Amin Zaoui est connu pour ses prises de positions franches et courageuses en faveur de la modernité, de l’émancipation de la femme, de la diversité culturelle en Algérie, pour l’identité amazighe, pour la tolérance religieuse, etc. Il faut noter que les romans et les essais d’Amin Zaoui sont traduits dans plus de dix langues dont : l’anglais, l’espagnol, l’italien, le chinois, etc.
Ecrivain modeste, Amin Zaoui est proche de ses lecteurs avec lesquels il échange longuement et humblement lors des différentes activités qui se tiennent un peu partout et plus particulièrement au Salon international du Livre d’Alger dont il est un auteur fidèle. Son passage au Sila n’est jamais inaperçu.
Bien au contraire, il y crée l’événement à chacune de ses apparitions.
Aomar Mohellebi, in l’Expression
