Meriem Medjkane, actrice : «On ne s’attendait pas au succès de 196 mètres !»
Meriem Medjkane est une comédienne de cinéma et de théâtre, qui travaille depuis 2010 entre l’Algérie, la France. Sur grand écran, on l’a vue dans Les Terrasses de Merzak Allouache, Abou Leila de Amin Sidi-Boumédiène, Papicha et Houria de Mounia Meddour, ou encore dans De nos frères blessés de Helier Cisterne. Comédienne qui crève l’écran à la force tranquille, nous l’avons vue récemment dans Algiers de Chakib Taleb Bendiab qui sort le 08 octobre en France, après un succès bien mérité dans le monde, mais aussi dans Terre de vengeance d’Anis Djaâd, projeté, aux 20 emes Rencontres cinématographiques de Béjaïa. Elle nous parle ici de son métier, non sans évoquer avec nous son actualité….
Entretien réalisé par O.Hind
L’Expression : En ce moment vous avez une actualité chargée. Parlons d’abord du long métrage 196 mètres de Chakib Taleb Bendiab qui sort bientôt en France. Un mot sur votre rôle de psychologue…
Meriem Medjkane : Pour être plus précis, c’est un rôle de psychiatre, médecin profilé qui enquête. J’étais très contente en recevant ce scénario car j’adore les films policiers et les polars. J’ai trouvé cela donc super. Je suis une grande fane du film Le silence des agneaux, notamment. J’étais donc très heureuse d’être appelée pour faire ce rôle.
Votre film a fait pas mal de festivals…
Oui, il a fait pas mal de festivals dans le monde. Il est sorti en Algérie, au Canada et là, il sort en France le 08 octobre. Il continue de tourner. On est très content. On ne s’attendait pas à ça, en vrai quand on l’a fait. J’ai effectivement été nominée pour le Septimius awards 2025 à Amsterdam, aux côtés d’Idir Benaibouche qui aa reçu, d’ailleurs, le prix du meilleur acteur africain. En tout cas, on est très content que le film Algiers tourne. C’est bien, car c’est une reconnaissance et on est fier. Vraiment, on ne s’attendait pas à ce rayonnement dans le monde, donc c’est chouette !
Dans Une terre de vengeance le film de Anis Djaâd, projeté dans le cadre des Rencontres cinématographiques de Béjaïa, vous incarnez aussi un rôle assez psychologique et audacieux à la fois…
Pour moi, c’est le rôle d’une femme qui traverse des choses difficiles, comme tellement de femmes dans le monde et qui réagit comme elle peut, c’est-à-dire qu’elle est en mode de survie. Elle essaye de sauver sa peau. De sauver son enfant et qui porte des traumatismes. Elle quitte effectivement son mari pour rejoindre un amour de jeunesse. Ce qui m’intéressait dans ce rôle, c’est que cette femme prenne des décisions radicales qui sont effectivement moralement répréhensibles parce que ça ne se fait pas et puis cette femme décide de faire ce qu’il ne se fait pas, dans un élan de liberté. Bien ou pas bien, je ne juge pas le personnage. Je l’interprète avec le plus de liberté possible. Car, oui ça peut exister des gens qui ont des envies de liberté, des envies de se sauver et d’aller vers l’amour ou de rejeter des amours, ou encore de rejeter une vie et d’aller vers l’avant..
C’est aussi un rôle audacieux dans le cinéma algérien…
Personnellement je ne réfléchis pas en termes de cinéma algérien ou international. Je réfléchis en termes de cinéma, de propos, d’histoire à raconter…Il s’avère que c’est un film algérien et c’est très bien. C’est un personnage algérien et c’est une histoire algérienne.
C’est quoi l’actualité de Meriem Medjkane ?
J’ai pas mal de théâtre en ce moment. J’ai aussi un film canadien qui sort et qui s’appelle « Gagne ton ciel » du réalisateur Mathieu Denis. C’est une critique du système capitaliste et sur les valeurs qui sont inculquées en Occident et comment parfois les plus fragiles, c’est-à-dire ceux qui viennent de l’immigration sont écrasés par cette machine de l’argent, de vouloir gagner de l’argent à tout prix etc. Ce n’est pas tant une famille algérienne mais ça parle d’une famille de migrants.
O. Hind, in l’Exression
