Abdelhamid Laghouati, Le poète de Berrouaghia
C’est un poète qui a marqué les amoureux des belles-lettres et des vers qui
vient de partir pour un monde meilleur et qui laissera sans doute un vide dans
la vie culturelle algérienne.
L’un des plus importants poètes algériens d’expression française nous a quittés
en ce mois d’août 2021.
Il s’agit du regretté Abdelhamid Laghouati, poète, mais aussi artiste originaire
de Berrouaghia. C’est un poète qui a marqué les amoureux des belles-lettres et
des vers qui vient de partir pour un monde meilleur et qui laissera sans doute
un vide dans la vie culturelle algérienne.
Abdelhamid Laghouati est un poète de la même trempe que les grandes
plumes du même genre comme Jean Sénac, Tahar Djaout, Youcef Sebti, Hamid
Tibouchi, Youcef Merahi, Hamid Skif, Djamel Amrani et Hamid Nacer-Khodja.
Fils de greffier et issu d’une famille d’artistes, Abdelhamid Laghouati a hérité de
ce don pour la poésie, de son père, de sa mère et de sa grand-mère.
Les premiers pas de Abdelhamid Laghouati, né en 1943, il les fit en 1960 dans
les rangs du groupe «Awechem» qui prônait et défendait l’art populaire.
Abdelhamid Laghouati était dans ce groupe en compagnie de Denis Martinez et
Choukri Mesli.
Abdelhamid Laghouati entama une carrière d’enseignant après l’indépendance.
Sa rencontre avec le grand poète Jean Sénac, en 1965 à Blida fut décisive pour
son parcours de poète.
Jean Sénac et le poète
Jean Sénac publia les poèmes de Abdelhamid Laghouati dans son anthologie de
la poésie algérienne.
Abdelhamid Laghouati prit part à de nombreux festivals de poésie où ses textes
ont été fortement remarqués par les férus des belles-lettres. «Sensible aux
joutes poétiques des touareg, à l’expression des meddahs, poètes, conteurs et
parfois guérisseurs sur les places des marchés, il va donner au hasard des
rencontres des milliers de poèmes immédiats, écrits sur un coin de table sur la
justice sociale, le désert, la femme, l’amour lesquels sont les thèmes privilégiés
de son oeuvre», précise l’un de ses biographes en ajoutant que, dans sa
peinture, Abdelhamid Laghouati, artiste complet, intègre des mots. «Il associe
motifs géométriques et calligraphie, encre et couleurs vives. «Sa création
témoigne d’une Algérie imprégnée de nombreuses cultures, bien vivante», est-
il précisé en outre.
À l’étranger, Abdelhamid Laghouati a animé de nombreux ateliers de création,
notamment au Canada, en France et en Allemagne.
L’homme de culture Abdehamid Lghaouti a passé presque toute sa vie dans sa
ville natale Berrouaghia.
Une nouvelle vie en France
En 2000, il s’installa en France. Parmi les livres que Abdelhamid Laghouati a
édités, on peut citer «Comme toujours» paru en 1977, «L’oued noir» (1980),
«De si belles insultes» (1982), «Bouches d’incendie», regroupant des poèmes
de Hamid Tibouchi, Abdelhamid Laghouati, Tahar Djaout, Messaour
Boulanouar, Omar Azredj et A. Hamdi avec des dessins de Denis Martinez «Où
est passé le grand troupeau?», «Gerçures», «Poèmes préfacés parMichel-
Georges Bernard», «Errances» avec sept dessins de Denis Martinez, «Entre
sursaut et plénitude: dialogue amoureux, textes Abdelhamid Laghouati et
Chantal Legendre». Malheureusement, la situation qu’a vécue notre pays dans
les années 90 et le recul énorme de l’intérêt porté à la poésie par les nouvelles
générations ont fait que Abdelhamid Laghouati, à l’instar de pas mal d’autres
poètes de la même trempe que lui, sont méconnus par la majorité des
Algériens. Seuls les initiés le connaissent et connaissent son oeuvre ou du
moins une partie de cette dernière.
Abdelhamid Laghouati est parti rejoindre d’autres ciseleurs du verbe dont son
ami Jean Sénac et tant d’autres poètes presqu’oubliés aujourd’hui.
Aomar MOHELLEBI, in l’Expression
