Histoire

L’Emir Abdelkader et son escorte

N’insultons pas notre histoire, elle eut ses grands hommes, célèbres ou
anonymes, ses héros, ses moments de petitesses et aussi de grandeurs,
revisitons là avec humilité pour y découvrir notre passé, mais surtout pour
éviter de retomber dans les travers qui ont conduit aux désastres.
Parmi les belles pages, il y a cette rencontre entre l’Emir Abdelkader et le
générale Bugeaud pour la signature du traité de la Tafna, le 31 mai 1837, elle
est racontée par l’écrivain et diplomate anglais Charles-Henry Churchill.
« Le 31 mai 1837, le Général, suivi de six bataillons, de toute son artillerie et de
toute sa cavalerie, parvint à l’endroit désigné pour le rendez-vous. Abdel Kader
n’y était point encore. Cinq heures se passèrent à l’attendre; et personne ne se
présentait. Finalement, vers deux heures, plusieurs Arabes survinrent, l’un
après l’autre, apportant des excuses diverses: Le Sultan avait été indisposé…. Il
s’était mis en route avec quelque retard…. Il songeait à remettre l’entrevue au
lendemain…. Il n’était plus très loin…. Il arrivait bientôt….
C’est alors qu’un cavalier apparut, qui demanda au Général de pousser un peu
plus loin: Ce ne serait plus long: Le Sultan était tout proche Il se faisait tard, et
le Général, qui désirait ramener ses troupes avant la nuit, reprit sa marche en
avant. Après un parcours de plus d’une heure, il tomba enfin sur l’armée arabe,
qui se composait de plus de 15.000 cavaliers, alignés dans un ordre relatif, au
milieu d’une plaine légèrement vallonnée. A ce moment, Bou Hamedi galopa
vers lui et lui montra, de la main, sur une colline voisine, le point où se tenait le
Sultan, entouré dune importante escorte.
Quelques minutes plus tard, on vit Abdel Kader et cette escorte s’avancer vers
le Général. Le spectacle était imposant Près de deux cents chefs arabes,
caracolant sur leurs chevaux de guerre, se pressaient autour du Sultan, dont la
sobre tenue offrait un contraste frappant avec leurs superbes équipements,
leurs armes fourbies de neuf, qui brillaient et étincelaient au soleil. Abdel Kader
galopait quelques pas en avant, montant un magnifique coursier noir, qu’il
maniait avec une extraordinaire dextérité, le faisant tantôt bondir des quatre
fers, tantôt marcher en se cabrant, cherchant manifestement, par ces
courbettes et cabrioles, à en imposer par sa maîtrise dans l’art de l’équitation.
Quelques Arabes couraient à ses côtés, tenant ses étriers, et les pans de son
burnous.
Hosni Kitouni

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