Focus

Le président Tebboune : vers une libéralisation maitrisée

Vers une économie libérale à bouclier social : Le grand virage de Tebboune
L’Algérie s’apprête à opérer une transition majeure dans son modèle de
développement. Face à un parterre composé des membres du gouvernement,
du corps diplomatique accrédité à Alger et d’une pléiade d’opérateurs
économiques nationaux et étrangers, le président de la République,
Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé, lors d’une rencontre solennelle tenue ce
mercredi au Centre international des conférences (CIC), l’engagement
irréversible de l’État vers une libéralisation maîtrisée de l’économie. Un virage
stratégique fondé sur le pragmatisme et le refus catégorique du coût social.

S’exprimant à l’occasion de ce rendez-vous économique devenu un ancrage
annuel de concertation, le chef de l’État a exposé les grandes lignes d’une
mutation structurelle. « Nous allons passer d’une économie administrée à une
économie libérale avec souplesse, sans renoncer au caractère et au rôle social
de l’État », a martelé le président Tebboune, appelant l’ensemble des forces
vives du monde des affaires à une mobilisation générale pour relever ce défi
historique.

Dans cette trajectoire de refonte, l’année 2027 est identifiée comme un cap
stratégique charnière. Elle devrait concrétiser l’émergence d’un modèle
économique résilient, appuyé par la finalisation de grands projets structurants.
Mettant en avant la ferme volonté politique qui anime les pouvoirs publics
pour libérer l’initiative privée et protéger les investisseurs intègres, le Président
a dressé le bilan des progrès accomplis ces dernières années. L’Algérie, a-t-il
souligné, s’est extirpée du statut d’économie sous-développée, excessivement
dépendante des importations, pour s’affirmer comme une économie
émergente capable de résister aux chocs extérieurs.

L’un des marqueurs les plus évidents de ce redressement réside dans la
rationalisation drastique du commerce extérieur. Rappelant que la facture
globale des importations dépassait autrefois les 60 milliards de dollars par an,

le président Tebboune s’est félicité de son rabattement structurel entre 40 et
42 milliards de dollars. Une baisse significative qui reflète la montée en
puissance de l’appareil productif local.

L’arrêt complet des importations de carburants, notamment de l’essence,
illustre concrètement cette reconquête de souveraineté. Mais c’est dans le
secteur stratégique de l’industrie pharmaceutique que la mutation s’avère la
plus spectaculaire : alors que l’Algérie ne couvrait historiquement que 9 à 10 %
de ses besoins nationaux en médicaments, le taux d’intégration locale atteint
aujourd’hui 84 %. « C’est un exploit », a salué le chef de l’État.

Sur le front agricole, les performances enregistrées ont permis de porter la
contribution du secteur à 15 % du Produit intérieur brut (PIB). Face aux
récentes fluctuations de prix constatées sur certains produits de large
consommation, Abdelmadjid Tebboune a préconisé un renforcement des
mécanismes de régulation. Celle-ci passera notamment par la création
prochaine d’une entreprise publique dédiée au stockage et à l’absorption des
excédents de production, garantissant ainsi la stabilité des marchés.

Relance industrielle et émergence de la filière automobile

Le secteur industriel connaît lui aussi une véritable dynamique de renaissance.
Après avoir stagné à une modeste contribution de 3 % au PIB, la part de
l’industrie nationale a franchi le seuil des 10 % en 2026. Cette progression
s’explique par la récupération d’actifs, la relance d’unités de production à
l’arrêt et la concrétisation de nouveaux projets d’envergure.

Parmi les chantiers les plus attendus figure l’émergence d’une véritable
industrie automobile, portée par des partenariats stratégiques avec des
constructeurs italiens et allemands. Rompant définitivement avec les pratiques
passées, le président a affirmé l’exigence d’une intégration réelle : « Nous
allons avoir une voiture algérienne fin 2028. Une vraie industrie et non pas un «
gonflage des pneus » », a-t-il assuré, précisant que ce véhicule sera assemblé

avec un moteur, une boîte de vitesses et des pneumatiques fabriqués
localement.

Le guichet unique opérationnel en janvier 2027

Pour soutenir cet élan, l’État intensifie la modernisation de son environnement
des affaires. Avec plus de 13 000 projets d’investissement concrets enregistrés
– générant chacun au minimum 20 emplois directs –, l’attractivité du marché
algérien se confirme. Le soutien aux investisseurs franchira un nouveau palier
avec la mise en service effective du guichet unique à partir de janvier 2027. À
cet effet, le président de la République a annoncé la reconduction de l’actuel
directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement
(AAPI) à la tête de cette structure jusqu’à la fin de l’année 2026, qualifiant ce
dispositif d’« expérience unique ».

Enfin, abordant les indicateurs macroéconomiques, le président Tebboune a
appelé les instances financières internationales à réévaluer le mode de calcul
du PIB algérien pour refléter la réalité de sa création de richesse. Jugeant le
taux de croissance de 4 % comme une performance solide dans la conjoncture
mondiale actuelle, le chef de l’État a conclu son discours en adressant un
message de confiance aux chefs d’entreprise : « Vous êtes nos partenaires », a-
t-il lancé, en remerciant le Conseil renouveau économique algérien (CREA) pour
l’organisation de ces assises clés pour l’avenir de l’économie nationale.
Lilia Aït Akli, in Le Jeune Indépendant

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